“Devenir media”
mai 14th, 2008 by Fanny Lautissier
Compte-rendu: Olivier Blondeau (avec la collaboration de Laurence Allard), Devenir media. L’activisme sur internet, entre défection et expérimentation, Paris, Editions Amsterdam, 2007
Olivier Blondeau est chercheur-enseignant en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lille 3. Dès le tournant des années 2000, il amorce une série de travaux sur les formes de militantisme sur le web et, plus globalement, sur les possibilités d’expression et de participation offerte par cet environnement. Il est l’auteur d’une thèse intitulée Les orphelins de la politique et leurs curieuses machines. Expérimentations, esthétiques, techniques et politiques à l’ère des réseaux, soutenue en 2006 (IEP, Paris).
Il a, à de nombreuses occasions, collaboré avec Laurence Allard, Maître de conférences en Sciences de la Communication à l’ Université Lille 3, (UFR Arts et Culture), qui consacre elle aussi ses recherches aux différents aspects de l’ “activisme électronique” (voir notamment la série de conférences qu’elle anime sur ce thème au Centre Pompipdou en 2006-2007).
Les deux chercheurs sont partisans d’une démarche dynamique par rapport aux recherches sur le web, qui se traduit notamment par une mise en application quotidienne des possibilités d’expressivité et d’expérimentation que leurs analyses attribuent au web 2.0 (cf compte-rendu ARHV sur le dossier “2.0 ? Cultures numériques, cultures expressives” du numéro 21 de la revue Médiamorphoses).
Les pages wiki des deux chercheurs (Olivier Blondeau et Laurence Allard), en synthétisant de nombreuses modalités de diffusion de contenus sur internet (dispositif de veille et flux RSS, diffusion d’images, mise en ligne d’informations concernant leur carrière personnelle et agrégation de moyens de communication…), constituent une parfaite démonstration de cette adéquation entre théorie et pratique et de l’efficacité du modèle participatif dans le milieu de la recherche.
Dans son ouvrage Devenir media. L’activisme sur internet entre défection et expérimentation, Olivier Blondeau s’inscrit dès l’introduction contre la conception du web soutenue par Serge Halimi (cf. son article “Des cyber-résistants trop euphoriques”, Le Monde diplomatique, août 2000) et part du postulat selon lequel l’environnement web favorise un déplacement et une évolution des formes du militantisme.
L’ idée que le web est à la fois lieu d’expressivité et d’expérimentation structure l’ouvrage, qui revient successivement, avec une très grande précision technique, sur les notions de “démocratie en réseau”, de médiactivisme, en passant par une analyse de la figure du hacker et du développement du monde du “libre”. Il s’agit de montrer le cyberespace comme lieu d’action politique, qui voit se développer en parallèle web 2.0 et modes d’appropriation du web dans une perspective politique. Un chapitre entier est ainsi consacré au “tournant vidéo de l ‘internet militant”.
Il me semble que de nombreux croisement sont possibles avec les travaux en cours et les problématiques évoquées au sein du Lhivic, particulièrement en ce qui concerne l’étude des vidéos politiques, de leur diffusion sur le web et de leurs caractéristiques formelles. (”Depuis quelques années cependant, le film amateur de famille a réussi à conquérir une légitimité nouvelle dans le champ culturel et artistique à travers la valorisation esthétique d’une rhétorique du “mal fait”, ou d’une “réalisation intentionnelle avec une forme non-intentionnelle”, p.107).
Enfin, signalons que le Planet Histoire visuelle, mis en ligne depuis peu par André Gunthert est cité parmi les exemples de syndication sur le site internet mis en ligne au moment de la sortie de l’ouvrage (cf page « Syndiquez-vous ! Quelques expérimentations d’agrégation »).
Voir aussi à propos de cet ouvrage :
http://www.scienceshumaines.com/quand-internet-reinvente-le-politique_fr_21841.html
http://seminaire.iscra.fr/index.php?page=devenir-media
Signalons qu’ Olivier Blondeau est par ailleurs co-auteur, avec Florent Latrive, de l’ anthologie Libres enfants du savoir numérique.
Compléments de lecture :




