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Mégamoteurs de recherche

L’étude des différents systèmes de visualisation et de leurs problèmes de taggage ou d’indexation, et la recherche d’autres façons possibles de regrouper les tags conduisent à étudier d’autres moteurs de recherche, avec d’autres systèmes de visualisation, différents de la plateforme Google.

Je n’essaie pas de découvrir l’Amérique, seulement avoir une liste répertoriée afin d’avoir ainsi un recensement (le plus possible), des différents moteurs qui nous aideront dans nos recherches.

Par exemple quintura: déclaré le meilleur moteur de recherche de l’année 2007 (par altsearchengines) est un autre exemple de tagging cluster methods c’est-à-dire tag-groupage. Quintura base sa méthode de recherche dans le relationnel avec un nuage de balises de l’expression recherchée, afin de faciliter la navigation à d’autres sujets d’intérêt liés à l’objet. Par exemple, si nous cherchons le terme “cellphone images”, à côté apparaissent les balises “stock”, “users”, etc. Si nous positionnons la souris sur un terme connexe, les résultats de recherche changent et deviennent compatibles avec les deux termes. C’est le dynamisme de nos recherches qui s’affiche…

Chaque recherche redonne plus de tags, une arborescence, rapide, comme un jeu d’associations, de façon à ce que chaque nuage amène à un autre nuage de tags associés et ainsi de suite.

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Il y a quatre onglets : Web, images, vidéo et Amazon. Ce moteur permet une transition rapide d’un mode à l’autre. Son utilisation est très agréable, elle permet d’enregistrer et/ou de partager les recherches que nous faisons sous forme de signet ou de les envoyer à nos contacts. Parfois du côté gauche de chaque tag il y a une petite icône, indiquant d’où ce lien vient, ou où il amène (CNN, Yahoo, blog, etc.) et du côté droit il y a une croix. Si on clique sur ces croix, ce mot clé disparaitra de la nouvelle recherche, se bloquera, raccourcissant/élaguant les arborescences. Particularité : lien direct avec Amazon.

Un autre moteur de recherche intéressant est Ujiko. Avec sa forme ovale Ujiko ressemble à une console de jeux, et selon la quantité des recherches, les applications augmentent. Il cumule les recherches, incitant ainsi à faire davantage de recherches. En incitant ainsi à continuer à chercher, il augmente notre niveau, il nous donne des points ! Les couleurs d’affichage de notre console changeront aussi (afin de ne pas s’ennuyer dans la recherche). Particularité : sensation de jouer/jeux.

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Le moteur de recherche français kartoo

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permet parmi ces applications de plutôt bien visualiser les liens existants entre des sites et des blogs. Particularité : plusieurs options d’interface de langues. Dans sa deuxième version :

kartoovisu sur le côté droit s’affiche une espèce de cartographie vert fluo ( comme une carte de mots) assez attirante…

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Puis, il y a aussi exalead. Exalead fait toute de suite penser à Google, mais il y a en plus des petites captures d’écran qui s’affichent à coté du lien. Cela est très utile pour (nous) les «visual learners»! Ici vous pouvez faire la recherche (comme d’habitude) des liens, des images et des vidéos ou bien dans les documents de votre propre ordinateur. Particularité: sur le coté droit, il y a un cadre qui nous aide et nous propose de raccourcir votre recherche (narrow your search).

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Un autre est kooltorch, un moteur de recherche qui s’affiche en tant qu’ensembles. Il le fait par couleurs, comme des «familles »; chacune étant un côté différent du sujet recherché : ce sont des sous-catégories. Particularité : c’est l’unique moteur qui a un lien direct avec e-bay.

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Il y a aussi une toute nouvelle technique de visualisation plus design, comme signalé ici. Flokoon offre une technique de visualisation plus design pour des supports vidéo, musicaux ou photo. C’est une toute jeune start-up française, qui vient de lancer son moteur en février 2008. Sous forme de cartes interactives, il est possible d’arpenter les résultats de recherche issus de Fotolia, Youtube et Last.fm.

Personnellement, j’utilise flock. Son slogan est « the social web browser ». Avec flock je peux faire la recherche avec quintura ou n’importe quel moteur, mais c’est la visualisation qui est crucial. En proposant des onglets vers Flickr et Youtube, le système de visualisation chez flock permet en même temps de faire la recherche sur un thème précis et de voir les photos et les vidéos qu’il y a autour de ce thème en flux en haut de notre écran. Du côté gauche de notre écran, on peut laisser ouvert nos amis Facebook pour regarder leurs “is” changer en temps réel, c’est comme s’ils étaient présents pendants nos recherches. Particularité : visualisation de l’espace virtuel privé et public en même temps.

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Un tel système de visualisation permet à la fois de faire des recherches, voir ou tchater avec nos amis Facebook et voir en filet des photographies chez Flickr ou Facebook, ou visionner des vidéos You.tube. Nous gérons plusieurs espaces virtuels en même temps.

Spécial enfants

Parmi tous ces moteurs de recherches, on en trouve qui sont spécialement destinés aux enfants: babygo, uptoten, kindernet,yahooligans et takatrouver… tout ça pour apprendre en jouant! … fragfinn, quintura for kids… Et il en existe probablement d’autres… c’est à souhaiter !

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J’imagine que pour les enfants, pour choisir un moteur de recherche, sa ‘diagrammation’ (c’est-à-dire la composition de la page, le choix des couleurs, la typographie, les formats) est cruciale, voire déterminante et change d’un âge à l’autre… Ces choix conditionneront nos visualisations dès le plus jeune âge.

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Il faut arrêter les « initiations à la recherche informatique » d’enfants de 4-5 ans avec Google !

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Il faut aussi souligner que le système d’icônes de Uptoten est très similaire à celui de Facebook :)

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Mais revenons à la question des associations car à mon avis c’est l’un des défauts les plus importants de Google : « Internet va trop vite pour Google ». D’abord son système de lecture déroulant fatigue un peu. Sur cette plateforme, on ne peut pas faire de comparaisons ni d’associations entre deux ou plusieurs liens comme il est possible de le faire dans les autres moteurs qu’on vient d’étudier. Dans Google, il y a seulement le classement par rang. Nous ne pouvons pas non plus associer le lien avec une (petite) image, comme c’est le cas, par exemple, dans Ujiko.

On sait déjà que tout (ou presque) dans le Web est taggé : les images, les vidéos, les textes, les articles, les blogs, les liens voire même les personnes. Pourtant, connaître et maîtriser d’autres systèmes de recherche devient indispensable.

Exemple N°1 :

Imaginons que nos allons voyager, disons à Budapest. Nous voulons trouver des hôtels adaptés à notre séjour et à notre budget. Dans des mushups sur des cartes, photos, vidéos, etc. par exemple avec trivop. Trivop combine des cartes Google Maps et des avis sur les hôtels.

Exemple N°2 :

Mais tout n’est pas si mal avec Google. La nouvelle version de Googleearth, qui inclut maintenant la possibilité de voir le ciel (google sky !) fournit une autre façon de percevoir notre monde, complètement différente. Cela a déjà eu et continuera à avoir de remarquables incidences sur notre visualisation et probablement aussi sur notre perception de la planète terre. Googleearth fascine. Pourquoi ? Parce qu’on a commencé à mieux visualiser les relations spatiales entre les fragments : on peut saisir l’essentiel, pour revenir ensuite aux parties. Pourquoi vous faire penser à Googleearth ? Vous allez le comprendre tout de suite.

Avec les nouvelles générations d’appareils photos et de téléphones portables, ceux qui ont des GPS inclus, le géotagging – la localisation de photos sur une carte – devient un jeu d’enfants. Dès que vous prenez une photo ou une vidéo et que vous les partagez en ligne, sur flickr, picassa, etc, elles seront automatiquement affichées sur une carte.

Maintenant imaginez le Rubik cube (icon du lien de notre labo). Après imaginez-le en tant que balle. Je vous parle de cela car il y a un lien intrinsèque avec la nouvelle application que je viens toute juste de découvrir et qui a frappé mes yeux. Une nouvelle façon de visionner des photos comme un système de planètes et qui s’appelle taggalaxy. Ce système, qui reprend le concept de compréhension planétaire que nous avons appris à l’école – le système solaire – nous séduit immédiatement, avec ses planètes et leurs satellites; les satellites ont un rapport avec le sujet, le thème recherché. Faciles, jolies, les photos se placent comme des post-its, l’une après l’autre, l’une à côté de l’autre. Une sorte de peau de la planète choisie (et fonction du tag). Vous pouvez tourner la balle jusqu’à ce qu’une image vous plaise et la « clicker», la visionner en plus grand, même parfois l’amener vers votre page flickr. La taille des post-its dépendra du nombre de photos associées au tag. La terre tapissée de photos est un rêve qui nous hante depuis longtemps… et pouvoir le visionner depuis chez nous est à la fois bizarre et beau !!!

Le fait que les moteurs de recherche conditionnent notre perception du Web et ses possibilités est très intéressant, fascinant même. Bousculer des habitudes n’est pas immédiat mais est toujours très constructif. Les différents moteurs de recherche nous conditionnent à trouver et à voir ou ne pas voir. Nous ne nous rendons pas compte du contrôle que ces limitations ou conditionnements ont sur nous et sur nos façons de construire nos pensées et nos images.

Même si les nouvelles générations de nos outils offrent à chaque fois plus d’applications, nous avons tendance à continuer de reproduire les mêmes anciens patterns, des anciens modèles. Je dois avouer qu’il m’est encore impossible de faire de la recherche sans Google, alors même que je suis consciente des limites de ce moteur de recherche. Peut être est-ce dû à la confiance de l’être humain qui a tendance à ne pas questionner le médium.

À mon avis, ces compétences de recherche (croiser des résultats donnés par plusieurs moteurs, par exemple) sont plus utiles que la plupart des compétences plus techniques et relatives à l’ordinateur (comment faire un lien ou comment faire un copié-collé, par exemple). Il me semble qu’aujourd’hui on oublie un peu trop d’enseigner les premières aux enfants.

Alors, je vous invite fortement à essayer les différents moteurs et systèmes de visionage et puis vous me direz… Affaire à suivre…

 

* Je voudrais bien remercier Audrey Leblanc et Marc Lenot pour corriger mon français.

Références

http://www.searchenginehistory.com.

http://www.useit.com/alertbox/9707b.html

http://altsearchengines.com/2007/12/03/the-alternative-search-engine-of-the-year/

 

 

 

Clin d’oeil

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Quino, extrait de à votre bon coeur, Glénat, Grenoble, 2000, p. 59

Et aussi

Le va-et-vient permanent, entre le passé et le présent, et entre les différents moments du passé, est l’opération même de Shoah. Le film façonne une temporalité propre, familière, un peu comme un itinéraire sans cesse parcouru dans une forêt, avec ses repères, ses passages délicats ou faciles. Le réalisateur, qui est lui-même dans le temps, le met en quelque sorte à distance de travail et il le jalonne pour ses recherches, il le marque de ses repères, il lui donne une structure.
On a consciemment changé trois termes dans cet énoncé (en italique dans le texte), que l’on rétablit ci-dessous dans sa version originale :
« Le va-et-vient permanent, entre le passé et le présent, et entre les différents moments du passé, est l’opération même de l’histoire. Elle façonne une temporalité propre, familière, un peu comme un itinéraire sans cesse parcouru dans une forêt, avec ses repères, ses passages délicats ou faciles. L’historien, qui est lui-même dans le temps, le met en quelque sorte à distance de travail et il le jalonne pour ses recherches, il le marque de ses repères, il lui donne une structure. »
Antoine Prost, Douze leçons sur l’histoire, Seuil, 1996, p. 111

Ce « jeu de mots » s’il fonctionne très bien est pourtant trompeur. Loin d’avoir une valeur heuristique, il conduit tout au contraire à une confusion en posant : Shoah = histoire (film = histoire), réalisateur = historien. Il induit alors en erreur. On confond, en effet, l’objet étudié avec la discipline à partir de laquelle on l’étudie. On réduit l’objet à un document, or le propre d’un film est de ne pas pouvoir être compris comme cela. S’il est évident que Shoah a à voir avec l’histoire, il n’est pas un film d’histoire réalisé par un historien dans le but d’écrire l’histoire.
Il s’agit donc d’un film d’histoire et aussi d’autre chose et c’est cette autre chose (qui appartient au philosophique, au politique, à la morale, à l’art, au proprement cinématographique, etc.) que l’on peut étudier, en historien, avec un égal intérêt à ce qui dans le film est de l’histoire. Il est entendu que si ce court billet est basé sur la recherche que je mène, les questions méthodologiques soulevées sont plus générales, soit principalement: quelles sont les différences entre un film sur l’histoire, un film historique, un documentaire historique, etc. et un travail d’historien? Comment opérer un décollement entre l’objet étudié et la discipline à partir de laquelle on pense?

Mouvements sociaux et représentations visuelles

Pour aujourd’hui à propos de Mai 68 en France : photographies de presse surtout (en 1968, avec prédominance des photographies de Gilles Caron ; en 2008, avec multiplication des corpus).
À mettre en relation plus tard (ne serait-ce que d’un point de vue méthodologique) avec le Chili d’Allende et les documentaires de Patricio Guzman.

 

Il s’agit de réfléchir à l’impact des (ou de certaines) représentations visuelles dans la perception (et la construction « médiatique », publique ?) d’événements historiques; et, plus spécialement ici, de ces rapports de force dans la société.

Décrypter et revenir sur certains présupposés : par exemple, la posture de dénonciation qui se disait garante de véracité pour ses propres images (« c’est ça la réalité, ce que vous ne saviez pas ») alors que ce discours, ces présupposés sont eux-mêmes constitutifs de ces mythologies et reçus comme tels pour ceux qui ne les partagent pas. Et vice et versa.
Rediscuter le « on a raison de se révolter ».
Repérer, décrire et « déconstruire » certaines figures type (prototypes visuels) sur lesquelles les images jouent : l’insurgé, le révolutionnaire, le conservateur, le réactionnaire… Et, dans un deuxième temps, voir comment, dans leur traitement visuel, nombreuses de ces figures sont confusément mobilisées.
Échapper à des constructions plutôt bipolaires ou plutôt voir si elles existent vraiment ou si la polarisation est utilisée dans certains cas et est « brouillée » dans d’autres. Et pourquoi.

 

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• Quelques remarques quant aux corpus d’images

Images filmées de Patricio Guzman, sous un gouvernement de gauche (Unité Populaire d’Allende au Chili), dans lesquelles les figures visuelles traditionnelles (attendues) des luttes sociales sont bousculées.
Remarque : parallèle avec les photos de la manifestation gaulliste à Paris du 30 mai 1968 qui va permettre de reconfirmer le pouvoir.

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Mai 68 en 1968
Dans la presse de l’époque, prédominance des photographies noir et blanc de Gilles Caron, très contrastées, qui dramatisent et « esthétisent » les événements. Photographies qui s’inscrivent dans la tradition du reporter-photographe impliqué (dans le monde).

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Mai 68 en 2008
Nouveaux corpus d’images plus ou moins mis en valeur. Les photographies de Gilles Caron n’ont pas autant dominé dans les numéros spéciaux et suppléments de magazines et mise en avant de nouveaux corpus d’images (fort souci de l’inédit de la part de la presse).
Ces corpus d’images et ces représentations visuelles de Mai 68 dans la presse de 2008 éclairent rétrospectivement celles de la presse de 1968.

- Elie Kagan, photographe engagé (photographies célèbres de la manifestation de 1961), publié à l’époque essentiellement dans la presse syndicale ou très engagée du côté des soixante-huitards parce que l’engagement du photographe était très visible dans ses images, disait-on. Pourtant, les photographies d’Élie Kagan sont aujourd’hui « tombées » dans le fonds « classique » des images de Mai 68 comme si elles avaient perdu leur dimension « argumentative ». (cf. dans Génération ou dans Découverte Gallimard sur Mai 68).
Cf. Intervention d’Alexandra Gottely, au colloque de l’INA, avril 2008

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(Photographie d’Élie Kagan en haut à droite)

- photographies des archives policières
Cf. Intervention de Christian Chevandier au colloque de l’INA, avril 2008.
Cf. Mai 68, Liaisons, le magazine de la préfecture de police, numéro Hors-Série, La Documentation française, mai 2008
Photographies peu vues, peu montrées, peut-être moins séduisantes esthétiquement et dont on pourrait attendre qu’elles traduisent un autre point de vue, si tant est qu’une image peut le faire.

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- Mai 1968, un mois très occupé, Jean Vigreux (historien) et Gorges Azenstarck (photographe). Photographe de la presse syndicale de l’époque et dont les photographies ont été reprises dans les numéros spéciaux Mai 68 de cette presse en 2008. (cf. numéros Éducation Nationale, par exemple).

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- photographies en couleur
Nouveaux corpus d’images en couleur qui font revenir sur ce sentiment que 68 s’écrit en noir et blanc (cf. souvenir de Jorge Semprun qu’il raconte dans Shoah, le choc de la couleur par rapport à une mémoire visuelle en noir et blanc)
- …

Des photographies dites « militantes » (ou auxquelles on prêtait une dimension militante) deviennent des documents : quel type de documents ? Est-ce que l’on peut observer le même phénomène « en miroir » pour d’autres photographies, très esthétiques, qui dominent dans d’autres média ?
Est-ce le même rapport à ces images ou documents dans les numéros spéciaux de l’Humanité par exemple ou dans la presse syndicale ?
Quels déplacements, quelles confusions, ou ambiguïtés, ces (ré)utilisations de ces images par différents acteurs révèlent-elles ou construisent-elles ?
Cf. Le livre de Serge Audier, La Pensée anti-68 – Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle, La Découverte, Paris, 2008.

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Une ambiguïté majeure : puissance incroyable de l’image, puissance de séduction (qui renvoie probablement à sa dimension ou à son lien à l’art). Souvent accusée de traduire un parti-pris – elle serait capable de discours –, elle est dans le même temps souvent dépossédée de sa valeur significative par les usages et ses contextes d’utilisation.
Ce travail de recherche reviendrait à déconstruire ces effets de discours visuel pour révéler la relativité des figures et donc des positions ? > dilution des positionnements par ces ambiguïtés visuelles ? Ou au contraire, elles laissent toute latitude à différents usages, y compris contradictoires ?
Si usage et contexte sont si déterminants, comment ne pas déposséder l’objet lui-même (ici des images) de sa propre puissance ?
Cf. intervention de Laurence Bertrand-Dorléac, lors de la conférence « Vérité des images ? Vérité de l’histoire ? » du 9 juin 2008 (Hôtel de Ville) à propos de l’exposition Zucca.
Elle constate l’échec de l’écrit (en l’occurrence de ses livres) par rapport au charme exercé par l’art photographique. Elle reprend ensuite les remarques des visiteurs écrites dans le livre d’or de l’exposition. Ces remarques n’ont pas fondamentalement changé après les modifications apportées à l’exposition, alors même que ces modifications avaient pour objectif d’en modifier la réception. C’est donc que cela ne fonctionne pas : « seuls d’autres types de documents, d’autres types d’images auraient pu affronter le pouvoir de réel et de séduction des images de Zucca » [telles qu’elles ont été présentées, pourrait-on rajouter], dit-elle.

 

 

• Questions méthodologiques

• Recoupements ou croisements
- croiser les traitements visuels d’un même moment
- croiser les traitements visuels d’un même motif : motif de la barricade, de l’assemblée générale, de la manifestation, du matraquage…
- croiser les montages différents dans lesquels est prise la même image (différentes maquettes)
- croiser la mobilisation de même motif visuel par des partis contradictoires : par exemple, images de la manifestation gaulliste du 30 mai 1968 et des images d’autres manifestations anti-gaullistes…
- …

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• Rapport aux images sources et à la page
cf. atelier « Presse illustrée », avec Marion Gautreau, Myriam Chermette, Juliette Lavie
cf. thèse Thierry Gervais + Mazenod (chapitre de Gaëlle Morel et de Thierry Gervais)
Rapport à la page théoriquement : cf. concept d’« iconotexte » proposé par Marion Gautreau mais qui est un concept issu d’une autre discipline (littérature) ; lien photographies et textes.
Mais aussi pratiquement : feuilletage et reproduction pas très faciles avec des documents conservés sous forme de microfilms en bibliothèques.

• Questions des concepts et des bibliographies
Faut-il se laisser porter par des intuitions et explorer des champs qui semblent éloignés de notre sujet initial. Exemple : les sociologues Pinçon-Charlot, dont le travail et conclusions renversent des représentations sociales attendues.
Avec des surprises ou des « croisements » qui peuvent être anecdotiques ou au contraire très significatifs.
Ex. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot ont aussi publié un livre intitulé : Justice et politique: le cas Pinochet, Paris, Syllepse, 2003

Trouver un équilibre entre apprendre le « jargon », des références, la construction (théorique et méthodologique) d’un champ disciplinaire (les façons dont sont déjà délimitées et définies les disciplines) et le besoin de rediscuter les bornes qui les délimitent et les figent pour faire avancer des raisonnements.
Cf. Les Pinçon-Charlot dans leur journal d’enquête, Voyage en haute-bourgeoisie, qui reviennent sur leur travail et leur méthodologie et montrent combien il a fallu déplacer des bornes, y compris dans leur discipline, y compris dans leur champ professionnel.

Cf. exposition Zucca aussi : corpus d’images exemplaire pour montrer la déperdition d’informations si on s’en tient à une approche uniquement historique. Croisement des disciplines fondamental. Cf. billets d’André Gunthert sur ARHV (et puis là et ici).

• contextualisations : 1) théorique 2) historique

 

• Remarques et discussions

• Problème de corpus et de sujets : pourquoi et comment rapprocher des photographies de presse et de cinéma documentaire ? pourquoi et comment rapprocher des épisodes de l’histoire en France et des épisodes de l’histoire au Chili ?
> Réfléchir au corpus de mai 68 en 1968, puis le rediscuter à la lumière du corpus de 2008.
> Réfléchir au corpus sur le Chili avec des outils méthodologiques construits par le travail sur les représentations visuelles de mai 68.
Peut-on transposer des outils visuels d’une culture visuelle à une autre, à celle d’un autre continent ?

• Reconnaître mai 68 dans les nouvelles images ? Ces nouveaux corpus d’images de Mai 68 (publiés à l’occasion du 40ème anniversaire) n’ont pas tous la même force semble-t-il. Certains semblent banals et ne « parlent » pas tant de mai 68 que d’occupations d’usine ou défilés syndicaux : ces corpus ne construiraient pas l’événement unique voire même ne participeraient pas à une quelconque construction visuelle… ? Alors que d’autres (les photographies des archives policières, par exemple) seraient immédiatement identifiables et rattachés à mai 68 et participeraient à la construction de L’événement.

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• Une forme de représentation visuelle de la manifestation de rue qui se construit avec les événements de mai 68 ? Question du motif de la manifestation de rue ou manifestation populaire.
Les manifestations contre la guerre d’Algérie n’auraient pas été photographiées, représentées comme cela : photographe souvent frontal, face ou vis-à-vis des manifestants.
Voir du côté de la Commune, mais était-ce aussi dramatisé que mai 68?
Est-ce qu’avant mai 68, le photographe avait souvent été du côté des
manifestants ?
Mai 68 croise aussi l’émergence d’un type de presse et de photo-reporter qui prend une dimension internationale. Y aurait-il alors une empreinte de « francophonie visuelle » par ce traitement de mai 68 ?
Voir aussi, les livres de l’historienne Danielle Tartakowsky :
Les manifestations de rue en France 1918-1968, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997
Le pouvoir est dans la rue : crises politiques et manifestations en France, Paris, Aubier, 1998
La Manif en éclats, La Dispute, Paris, 2005

• Penser à « l’âge adulte de l’événement », pour reprendre des termes d’André Gunthert, de la distance par rapport à l’événement. Pourquoi faut-il attendre 12 ans après 1839 pour que soit publiée une Histoire de la photographie ? Et on observe le même phénomène de décalage avec le numérique.
Pourquoi ou comment, 10 ans, 20 ans ou 30 ans est traité mai 68 ? Par rapport à la guerre froide ? Pourquoi cette prolifération en 2008, 40 ans après ?

• La puissance argumentative d’une image ou pas ?
Si l’on parle de « cinéma engagé », parle-t-on de « photographie engagée » ?

Pourquoi ?

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great bilan!

 

 

 

L’atelier des étudiants du LHIVIC – Laboratoire d’Histoire Visuelle Contemporaine –, soutenus par André Gunthert, se destinait aux étudiants confrontés aux problématiques de l’histoire visuelle, discipline récente et en cours de construction. Cet atelier a souhaité créer un espace de travail en équipe et de partages de ressources afin de construire des outils méthodologiques et théoriques pour réfléchir avec et à travers les images en lien avec les sciences sociales. Chaque séance de travail a permis à deux étudiants d’exposer un point de sa recherche en cours et de discuter des questions ainsi soulevées. Il ne s’agissait pas de présenter un travail de synthèse fini, propre et maîtrisé, mais de pouvoir échanger sur la construction d’un temps de travail choisi par l’étudiant. Ce groupe de travail a trouvé naturellement sa formalisation dans l’utilisation des potentialités offertes par le Web 2.0, particulièrement appropriées quand on parle d’images. À savoir la tenue d’un blog collectif : celui-ci permet de compiler et de garder des traces des discussions et cheminements de chacun sur son sujet.

Plusieurs questions méthodologiques se sont avérées récurrentes car cruciales, lors de ces séances : le choix et la délimitation du corpus (en particulier iconique), les problèmes terminologiques pour nommer de façon pertinente et claire des phénomènes décrits, la question de la transdisciplinarité ou du croisement de disciplines. Comment construire un raisonnement aussi bien en analyse des images qu’en une autre ou plusieurs sciences sociales et sur quels concepts s’appuyer ? Mais, l’une des questions majeures abordées cette année aura été : comment écrire alors que nous étudions des images ? Une recherche sur un corpus d’images souhaite a priori parvenir à construire un discours sur ou, plutôt, avec ces images. En partant de l’observation et de l’analyse de très nombreuses images sources, il s’agit d’élaborer un discours nouveau avec ces images. Mais, dans la restitution écrite de la recherche, comment choisit-on l’image qui va venir soutenir ce discours? On voit bien alors le risque de retomber dans l’image ramenée au rang d’illustration. Voire même, celui de proposer à nouveau comme référence visuelle (unique dans la démonstration restituée) l’image emblématique, icône connue de tous, le best-seller visuel déjà bien connu. Peut-être s’agit-il alors de montrer des fonctionnements propres aux images sources, dispositifs qui auront nécessité plusieurs images pour être perçus, identifiés, décrits, déconstruits, nommés.

 

L’atelier a souhaité chercher – et construire à terme – des pistes pour ne pas instrumentaliser les images en les utilisant comme des illustrations à propos, mais les sélectionner afin qu’elles rendent compte de l’objet que l’on étudie sans tomber dans le piège d’une appropriation forcément mutilante des images par notre pensée textuelle. Tout au contraire, elles seront la base de la construction de nos analyses. Certains relevaient la tendance à une iconisation des échanges sur le net, à travers la prise d’importance sur les textes de nouvelles formes visuelles – envois de photographies et/ou de vidéos –, en particulier grâce à diverses interfaces tels que les blogs, les réseaux sociaux, les forums, etc. Les nouvelles technologies facilitent la pensée des images en images. En cela, l’utilisation d’un blog comme lieu de restitution et de poursuite de ces échanges trouve tout son sens : s’il permet de garder traces de ce pas à pas, dans l’espoir que se construisent progressivement des outils méthodologiques et théoriques, il nous permet aussi d’expérimenter ces situations.

 

Le succès de cet atelier et l’assiduité régulière avec laquelle il a été suivi ont confirmé combien un espace de travail méthodologique construit sur des principes d’échanges et d’élaborations collectives répond à une vraie demande. La rencontre de divers champs disciplinaires, et donc méthodologiques, permet de construire effectivement des outils en matière d’histoire visuelle. À travers un vif dialogue, cet atelier fonctionne en tant que soutien pour les chercheurs participants et aide à développer leurs compétences d’analyse et compréhension visuelle. Un travail à poursuivre.

 

Gaby David, Audrey Leblanc, photo Fanny Lautissier

Accrochage

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Travailler sur un artiste, étudier ses photographies et pouvoir ensuite participer (ou plutôt assister) à l’accrochage de son exposition au Centre Pompidou est une expérience passionnante pour un néophyte comme moi.

 

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Tout d’abord, on est frappé par la mécanique bien huilée : un ballet de personnes chacune à sa tache, une pièce où chacun a son rôle, où tout est bien rodé. Une sécurité impitoyable, une régisseuse tout aussi rigoureuse, et des peintres, des éclairagistes, des accrocheurs, des lettreurs, un vrai chantier avec ses codes, ses rites, ses habitudes. Chacun, à sa manière plus ou moins détachée, s’intéresse au thème de l’exposition, au regard de Tichý sur les femmes, à ses appareils photo, certains posent des questions ; plus disponible que le commissaire, j’écoute, apprenti médiateur, j’explique un peu quand on me le demande. Pour le folklore, le chariot de l’éclairagiste, décoré de scènes du Far West, colorées et exotiques au milieu de l’exposition.

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Ensuite, on suit le commissaire dans ses choix, ses hésitations, ses repentirs. Bien sûr, un plan a été fait, la scénographie est en place, les couleurs des murs ont été choisies délibérément, la place des photos et des citations est prévue, mais face aux œuvres, on modifie, on hésite, on teste, on recommence, et on explique gentiment pourquoi au néophyte curieux.

 

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Concevoir les vitrines, y disposer photos en vrac, livres et surtout appareils photos est un bel exercice : comment faire cohabiter des objets aussi différents, comment les rendre lisibles au visiteur.

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Au-delà de ma curiosité, et de la leçon curatoriale, le plus fascinant pour moi a été le processus de ‘muséification’ des œuvres de Tichý : une restauratrice examine chaque pièce aux fins d’expertise pour l’assurance. Assise à une grande table très éclairée, sous l’œil attentif de la régisseuse, elle note tous les défauts, les craquelures, les taches. Elle y passera trois jours entiers pour seulement une centaine de pièces, elle n’a jamais vu ça. Quand elle en vient aux appareils photos, les bras lui tombent : comment décrire l’état de ces monstres préhistoriques, faits de boîtes de conserve et de tuyaux en plastique, colmatés avec du goudron et incorporant élastique de caleçon et capsule de bière comme éléments fonctionnels. Consciencieusement, elle note tout. C’est amusant (pas pour elle, sans doute) mais, à mes yeux, cet exercice souligne surtout emblématiquement l’entrée de Tichý dans le monde institutionnel de l’art.

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Et voilà, c’est presque fini, tout s’est très bien passé, vite et sans encombres. Il reste quelques détails à régler, on range les escabeaux, dans 24 heures le public sera là, pour une fois, on n’y passe pas la nuit, disent certains. Pré-visite avec le responsable de la Fondation Tichý, le commissaire de l’exposition et une directrice de musée américaine.

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Avec mes remerciements à Quentin Bajac pour m’avoir invité, et à toute l’équipe pour m’avoir si gentiment accepté.

 

Distance critique

Je commentais ici il y a quelques jours le billet d’Audrey Leblanc du 24 mai 2008 titré «Qu’en est-il de la conscience de classe aujourd’hui ?» à propos d’une conférence du couple de sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la haute bourgeoisie et de l’aristocratie en notant la difficulté que peuvent avoir ces deux sociologues à faire la part entre leur regard professionnel et la fascination qu’ils éprouvent très visiblement pour ce milieu.

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Les ayant rencontrés il y a quelques années (j’étais alors marié avec quelqu’un qu’ils ont longuement interviewée, ainsi que son père), je les voyais naviguer comme un poisson dans l’eau dans un de ces microcosmes pourtant très fermés, et, lisant leurs livres, j’étais perplexe devant leur capacité à maintenir un discours certes empreint de bienveillance mais tout à fait critique et rigoureusement scientifique face à un sujet sensible. Vu la proximité et le pouvoir attractif de leur sujet d’études, cette distance me semblait plus difficile à maintenir que face à un univers plus lointain. Ils s’en expliquent dans un livre de méthodologie Voyage en grande bourgeoisie, Journal d’enquête, PUF, 1997, où ils s’interrogent sur leur pratique dans un exercice d’auto-analyse, et sur la pertinence des garde-fous éthiques et professionnels qu’ils ont appris à mettre en place au fil des années. Le chapitre VI, en particulier, intitulé « Aises et malaises des chercheurs », et sa section «Une relation enchantée avec les enquêtés ?», sont très instructifs : ambiguïté des sentiments, le sociologue tenu en respect par son objet, intégration et distanciation.

 

Eh bien, tel est pris qui croyait prendre.

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« Miroslav Tichý, Sans titre, MT 4-95, © Fondation Tichý Oceán. »

Une récente session de l’atelier du LHIVIC m’en a fait prendre conscience. D’un côté, je travaille au sein du LHIVIC (M2 en cours) sur le photographe tchèque Miroslav Tichý – ses photographies sont exposées jusqu’au 22 septembre au Centre Pompidou – et en particulier sur la manière dont le système de l’art, les institutions artistiques (Biennale de Séville, Rencontres d’Arles, musées) et ses acteurs (au premier plan desquels Harald Szeemann) ont construit l’image de Tichý comme artiste contemporain. Ceci implique bien sûr de ma part un regard critique sur l’institution, ses motivations et ses mécanismes.
D’un autre côté, je participe moi-même à cette construction de Tichý comme artiste reconnu : j’ai été un des premiers à écrire sur lui peu après sa découverte ; je collabore assez étroitement avec la Fondation Tichý Oceán, qui assure sa promotion ; et j’ai contribué au catalogue de Pompidou et à une monographie sur Tichý parue chez Walther König en juin 2008. Je suis donc un acteur partie prenante du mécanisme institutionnel que j’étudie par ailleurs.
Ai-je de ce fait une ‘relation enchantée’ avec mon sujet d’étude, l’institution muséale? Mes sentiments sont-ils ambigus ? Comment puis-je moi aussi concilier intégration et distanciation ? Ce sont de vraies questions que je dois me poser. Certes l’éthique est une réponse partielle, l’objectivité, l’honnêteté intellectuelle, mais il me faudrait sans doute plus de métier, plus de cicatrices pour que ça me soit suffisant, pour que j’y vois toujours clair, n’étant, en la matière, qu’un chercheur débutant.
La réponse est peut-être plutôt dans mon ‘amateurisme’. Auteur d’un blog dissonant, je me suis efforcé, depuis trois ans que je l’écris, d’y conserver un ton indépendant, sensible, personnel, loin des chapelles et des cénacles de la critique d’art établie ; et, immodestement, je crois que son succès vient de cela. Mais c’est une remise en cause constante qui est nécessaire, les occasions de déraper sont nombreuses, et parfois tentantes. De plus je viens d’un autre univers professionnel et, vu mon âge et mon passé, je n’ambitionne pas une carrière, une chaire, un commissariat. Je peux m’offrir le luxe de l’indépendance, en particulier financière, et j’ai donc une posture assez différente d’un jeune chercheur en début de carrière qui doit bâtir une stratégie d’appartenance. Sans avoir, et de loin, la sagesse d’un expert reconnu et indiscutable, je peux jouir d’une indépendance assez similaire, car je n’y ai pas d’enjeux.
Mais il n’en reste pas moins que maintenir la distance adéquate avec un tel sujet doit rester une préoccupation permanente, que je dois mesurer mes éventuelles actions à cette aune, et sans doute rechercher davantage de conseils sages en la matière.
Ce fut, pour moi, un des enseignements intéressants de cette séance de l’atelier.

Marc Lenot

• Commentaires et idées sur présentation Tichý

L’artiste ou les photos ? À qui s’intéresse-t-on prioritairement ? On met en avant le portrait de Miroslav Tichý, son histoire, ses appareils. Est-il acteur ou victime de cette « construction » ?

Quelle est l’idée de la beauté qu’ont les institutions qui s’intéressent à lui ? Quelles expos similaires (découverte, extraordinaire) ont-elles favorisées ?
Etudier d’autres découvertes (Joan Colom, Lartigue, Eugène Leroy, Nebreda ; Pessoa ??)
Pourquoi les institutions ont-elles besoin de découvertes ? Le système de l’art a besoin de nouvelles images, d’artistes bizarres, transgressifs (lire thèse Maxence Alcalde).

Lien avec la découverte artistique de la photo amateur dans les années 70 (Arnulf Rainer, expo actuelle de Strasbourg) (voir Clément Chéroux). Chacun peut créer (Internet)

Titre : invention ? découverte ? construction ?
La construction de Miroslav Tichý dans le système de l’art ?

Création de la mythologie de Tichý :
- appareils : le sauvage, le bricoleur (réf Anthony Hopkins dans Zorro ? à retrouver)
- corps féminins : le bohème, le marginal (lien avec pictorialisme)
- les photos volées, la caméra cachée
- la photo mal faite (on ne s’intéresse pas à ses tableaux, pourquoi ?)
- les soupçons initiaux que c’était une fiction créée par Buxbaum
- le fait que beaucoup croyaient qu’il n’y avait pas de pellicule dans ses appareils, qu’il faisait semblant

Construire mon travail sur trois niveaux :
- travail monographique, descriptif, stylistique et biographique sur Tichý
- sa pertinence pour l’art contemporain (mes trois points : posture, approche, thèmes)
- la construction de cette mythologie par le système de l’art : sa vie est un roman, ses nus sont des mythes…

Déconstruire cette construction de mythologie. Pourquoi l’institution artistique crée-t-elle de tels mythes ? Qui y participe ? Entretiens avec les critiques et commissaires à bâtir autour de ces thèmes. Comment constitue-t-on une valeur contemporaine (par rapport à la valeur que lui donnait à ses œuvres : troc) ? Ces histoires, cette mythologie, qui les écrit, et pour qui ?

Internet comme nouvelle reconnaissance institutionnelle (ex les artistes émergeant de Flickr) ;

• Autres idées
Enregistrement ou représentation ? (Durieu)
D’abord voir pour lui, avant de montrer à un regardeur (C. Cadaureille sur Nebreda, 20/6)
Voir le travail de Diane Borsato, Touching 1000 people.
Voir Andrew Keen, Le culte de l’amateur, comment Internet détruit notre culture
Voir Certeau sur le bricolage (et Lévi-Strauss, Bourriaud) et sur la résistance de l’homme face au système (pratiques non institutionnelles, amateurisme, perruque)
Voir Joseph Heath & Andrew Potter, Révolte consommée : le mythe de la contre-culture, Ed. Naïve : le discours subversif est un élément du marché.

Tichý cesse de photographier au début des années 90 : fin du communisme, fin de l’idéologie, fin de l’histoire, fin du modernisme.

Citation de Robert Filliou : « bien fait, mal fait, pas fait » (le génie sans talent). Lien avec Fluxus dans la forme, mais aussi dans le regard institutionnel. (Broodthaers aussi ?)
Voir travaux sur critique institutionnelle (JSouriau).

Marc Lenot

La cuarta edición del festival Pocket Film, este año fue diferente; en realidad, dicen y parece ser cierto, cada año es diferente. En este no hubo panel de discusión teórico, pero si hubo mucho màs incapié que en el festival del año pasado a la parte pedagógica y a la parte del uso del teléfono para gente con capacidades diferentes. El primer dia hubo varias presentaciones de adolescentes de diferentes estratos sociales que vinieron con sus profesores y coordinadores a presentar, orgullosos sus creaciones. En verdad fue bastante emotivo. Lo mismo con los sordo-mudos. Hubo bastantes proyecciones que estaban subtituladas y/o en su defecto eran traducidas en lengua de signos en vivo.

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Rémy Besson inaugurait ce blog collectif en s’interrogeant sur la validité et la difficulté de comprendre les images en images.

À la séance d’atelier de mercredi dernier (28 mai), les présentations de Moira Cristia et Alexie Geers ont soulevé une question méthodologique pour l’histoire visuelle connexe à cette interrogation. Une recherche sur un corpus d’images souhaite a priori parvenir à construire un discours sur ces images. Il s’agit de partir de l’observation et de l’analyse de très nombreuses images sources puis d’élaborer un discours nouveau sur ces images. Mais, dans la restitution écrite de la recherche, comment choisit-on l’image qui va venir confirmer, exemplifier ce discours? Une pour toutes les autres? On voit bien alors le risque de retomber dans l’image ramenée – et rabaissée – au rang de simple illustration. Voire même, le risque de proposer à nouveau comme référence visuelle (unique dans la démonstration restituée) L’image emblématique, icône connue de tous, le “best-seller” visuel – pour reprendre l’expression de Gaby – déjà bien reconnu.

À moins qu’il ne s’agisse plutôt de parvenir à montrer un fonctionnement, un dispositif propres aux images sources : il aura fallu plusieurs (dizaines) d’images pour percevoir ce dispositif, l’identifier, le décrire, le déconstruire et le nommer. L’image représentative proposée au cours de la rédaction chercherait alors à être exemplaire de ce fonctionnement mis à jour par la recherche pour une forme de discours avec les images. Échapperait-elle ainsi à son rôle de jolie servante, de simple illustration?

 

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